Pour un réseau de points de vente, la fiche Google est devenue le premier point de contact avec le client local. Avant le site, avant l'appel, avant la visite. C'est là que le client vérifie vos horaires, lance un itinéraire, vous appelle ou vous compare à votre voisin.
Pourtant, la plupart des enseignes la pilotent avec un seul chiffre : le nombre de vues. Un chiffre rassurant, facile à présenter en comité. Et presque inutile pour savoir si vos fiches travaillent vraiment.
Pendant 42 mois, de janvier 2023 à juin 2026, nous avons analysé les statistiques Google My Business de près de 4 200 établissements de réseaux multi-sites en France : 438 millions de vues de fiches Google et 53,8 millions d'actions. Il en ressort un indicateur de référence qui manquait au marché, et une grille de lecture qui change les priorités de tout directeur marketing de réseau. Car un même chiffre ne commande pas les mêmes décisions selon votre secteur.
L'étude en 30 secondes
En France, 12,3 % des vues de fiches Google se transforment en action : itinéraire, appel ou clic vers le site.
Ce taux est remarquablement stable depuis 2023 : le zero-click ne signifie pas zero-conversion.
Il varie de 1 à 4 selon les secteurs, de 22,5 % dans les services de proximité à 6,0 % dans la banque.
Dans la moitié des secteurs, l'appel est la première action, et il échappe à vos outils d'analyse web.
À panel constant, les vues par établissement reculent de 4,3 % en un an, quand les actions se maintiennent.
Le taux de conversion de la fiche : l'indicateur qui vous manquait
Le taux de conversion d'une fiche Google mesure la part des vues qui débouchent sur une action concrète : une demande d'itinéraire, un appel ou un clic vers votre site. En France, il s'établit à 12,3 % en moyenne : sur 100 personnes qui voient votre fiche, un peu plus de 12 passent à l'acte.
Jusqu'ici, aucun repère de ce type n'existait sur le marché français. On parlait d'avis, de note moyenne, de position dans le local pack. Mais rien ne permettait de dire si une fiche convertit bien ou mal.

Le premier bénéfice de ce repère n'est pas de vous situer, mais de chiffrer votre présence locale en euros. Dès que vous connaissez la valeur d'une action pour votre activité (un appel entrant, une visite, une demande de devis), chaque point de conversion prend une valeur.
Faisons le calcul pour un réseau type de 50 établissements, dont chaque fiche est vue 1 000 fois par mois. Gagner un seul point de taux de conversion représente 500 actions de plus chaque mois, soit 6 000 actions supplémentaires par an, à exposition constante. C'est ce qui fait passer la présence locale d'une ligne de coût difficile à justifier à un levier de revenu que vous pouvez défendre devant une direction financière.
Un repère solide : 12 % de conversion, stable depuis quatre ans
Un indicateur de référence n'a de valeur que s'il tient dans le temps. Le nôtre est d'une stabilité rare : 12,3 % en 2023, 11,9 % en 2024, 12,6 % en 2025, 12,5 % au premier semestre 2026. Moins d'un point d'écart en quatre ans, alors même que le panel a été multiplié par cinq sur la période.

Cette stabilité en fait un étalon fiable : vous pouvez vous y comparer d'une année sur l'autre sans craindre un effet de conjoncture. Elle éclaire aussi le débat sur le zero-click, ce discours qui annonce depuis des années la fin du clic et la perte de valeur de la présence en ligne.
Une action sur une fiche Google est, par nature, du zero-click : le client vous appelle, trace un itinéraire ou pousse votre porte sans passer par votre site. Or ce comportement n'a pas faibli en quatre ans.
Le zero-click ne signifie pas zero-conversion. Il signifie que la conversion a changé de lieu : elle quitte votre site pour se jouer directement sur votre fiche.
La nuance révèle un biais dans vos propres tableaux de bord. Vos outils d'analyse web ne voient que ce qui atterrit sur votre site. Ils sont donc structurellement aveugles à une large part de votre performance locale. Résultat : la plupart des réseaux sous-estiment la contribution de leurs fiches, et l'arbitrent à la baisse dans leurs budgets.
Surtout, quand un indicateur reste aussi stable, la moindre rupture devient visible. Gardez ce point en tête : il sera décisif à la fin de cette étude.
Pourquoi compter vos vues vous conduit à des conclusions fausses
Le réflexe le plus répandu dans les réseaux est aussi le plus trompeur : juger la performance d'une fiche à son nombre de vues. Nos données montrent pourquoi.
Un camping de notre panel génère en moyenne 18 925 vues par mois et convertit à 16 %. Un établissement de santé en génère 960, vingt fois moins, et convertit à 21,5 %. L'établissement le moins vu est le plus performant.

La raison est simple : le volume de vues dépend d'abord de votre secteur et de votre catégorie d'activité, pas de la qualité de votre travail. On consulte longuement un camping sur la carte avant de réserver. On appelle directement son praticien. Le nombre de vues mesure une exposition largement subie, jamais une performance.
Cela ne le rend pas inutile : à l'intérieur d'un même secteur, plus une fiche est vue, plus elle génère d'actions. Le piège est ailleurs.
Le seul terrain de comparaison équitable, entre vos établissements comme face à vos concurrents, c'est le taux de conversion. Encore faut-il le suivre établissement par établissement, ce que permettent des tableaux de bord dédiés à la performance locale.
L'écart entre votre taux et celui de votre secteur est un diagnostic
Le taux de conversion d'une fiche Google varie de 1 à 4 selon les secteurs : de 22,5 % dans les services de proximité à 6,0 % dans la banque. Comparez toujours votre taux à celui de votre secteur, jamais à la moyenne nationale.
Cet écart n'a rien d'anormal : il reflète la température de l'intention. On cherche un artisan ou un médecin pour agir tout de suite, et l'action suit. On repère une agence bancaire sans intention immédiate.
Mais la vraie valeur de ce repère est de vous dire quel levier activer. Trois situations se présentent.
Votre taux est en dessous de votre secteur. Le problème est sur la fiche : catégorie principale mal choisie, informations incomplètes, photos absentes, attributs non renseignés. Vous avez de l'exposition et vous la gaspillez. Le chantier est identifié, et rapide à corriger : les facteurs de conversion d'une fiche Google donnent la liste des points à vérifier.
Votre taux est au niveau de votre secteur. La fiche n'est plus le sujet : optimiser une fiche déjà performante ne rapporte presque rien. Votre levier devient la portée, c'est-à-dire le nombre de personnes qui voient la fiche. Catégories secondaires, avis Google réguliers et requêtes locales travaillées font alors progresser votre visibilité locale sur Google.
Votre secteur convertit structurellement peu, comme la banque ou l'assurance. Un taux de 6 % ne signifie pas que vos fiches sont mal tenues. Il signifie que la fiche y joue un autre rôle : un point de repère et de réassurance, pas une machine à convertir. Pour ces réseaux, la valeur se trouve dans l'exactitude des informations sur des centaines de points de vente, là où un seul horaire erroné détruit la confiance d'un client venu vous chercher par votre nom. L'indicateur à piloter devient le taux de fiches complètes et exactes.
Le canal que vous ignorez sans doute : l'appel
Deuxième réflexe à corriger : suivre la fiche au clic vers le site, comme une campagne web classique. Dans la plupart des secteurs, le clic vers le site est pourtant l'action minoritaire. Dans les services et la santé, la moitié des actions sont des appels. Dans la banque, 56 %.
Ce chiffre pose un défi qui dépasse le marketing. Si la moitié de vos conversions sont des appels, la performance de vos fiches dépend aussi de ce qui se passe quand le téléphone sonne : qui décroche, en combien de temps, avec quelle capacité à transformer l'appel en rendez-vous.
Le marketing génère l'intention, l'exploitation en point de vente la concrétise ou la perd. Dans la plupart des réseaux, personne ne pilote cette chaîne de bout en bout. Vous financez une présence locale qui produit des appels que vos tableaux de bord ne comptent pas, et que des équipes non préparées laissent parfois filer. C'est sans doute votre angle mort le plus coûteux.
Le constat inverse vaut pour les secteurs où le clic vers le site domine, comme le camping ou le retail. La question devient : vers quoi envoyez-vous ce clic ? Beaucoup de réseaux renvoient le trafic de leurs fiches vers une page d'accueil générique, quand l'internaute cherchait un établissement précis, ses disponibilités, ses tarifs. Chaque redirection vers une page non spécifique est une conversion qui fuit au dernier mètre. Une page locale par établissement, avec ses données structurées LocalBusiness, règle ce problème.
Maps ou recherche Google : l'origine de vos vues détermine vos risques
Toutes les vues ne se valent pas. Votre fiche apparaît soit dans Google Maps, soit dans la recherche Google classique, et le ratio entre les deux trahit l'intention de vos visiteurs.
L'hôtellerie réalise 51 % de ses vues sur Maps : on cherche une destination, on explore une zone. L'assurance fait 94 % de ses vues sur la recherche Google, la banque et la santé 89 % : on cherche un acteur précis, souvent par son nom.
Ces deux mondes vous exposent à des risques différents.
Dans les secteurs de découverte, où Maps domine, vous êtes en concurrence directe. Vos établissements apparaissent côte à côte avec leurs voisins sur la carte, et la note, le nombre d'avis et les photos deviennent des armes comparatives immédiates. Le client choisit en quelques secondes entre vous et l'établissement d'à côté : votre priorité est de gagner la comparaison.
Dans les secteurs de recherche nommée, où la recherche Google domine, vous êtes surtout exposé à vos propres erreurs. Un client qui vous cherche par votre nom a déjà décidé de venir vers vous. Un horaire périmé ou un numéro erroné suffit à briser cette intention et à l'envoyer chez un concurrent. Votre priorité n'est pas de séduire, mais de ne jamais décevoir.
Sur la carte, la bataille se gagne sur l'attractivité. Dans la recherche nommée, elle se gagne sur la fiabilité.
Deux saisonnalités opposées : ne confondez pas un cycle avec un problème
La recherche locale a une saisonnalité, mais elle diffère fortement d'un secteur à l'autre. Un camping génère six fois plus de vues en août qu'en novembre. Le retail explose en décembre. À l'opposé, la santé, les services et la mobilité restent presque plats toute l'année. La moyenne nationale écrase ces réalités opposées en une courbe tiède qui ne dit rien d'utile.
Cette lecture ne sert pas seulement à excuser un creux. Elle vous dit quand agir. Dans un secteur saisonnier, tout le travail d'optimisation (photos, offres, Google Posts, demandes d'avis) doit être terminé avant le pic, jamais pendant. En août, pour un camping, il est déjà trop tard : la demande est là, et vos fiches sont figées telles qu'elles sont.
Le vrai enjeu des prochaines années : votre exposition se contracte déjà
Voici le constat le plus important de cette étude. À panel constant, entre le premier semestre 2025 et le premier semestre 2026, le nombre de vues par établissement recule de 4,3 %. Dans le même temps, le volume d'actions par établissement se maintient. Vos fiches sont un peu moins vues, mais elles convertissent aussi bien.

Ce recul précède le déploiement à grande échelle des réponses générées par l'IA dans le moteur de Google en France. Il traduit une tendance déjà installée : la montée du zero-click, la compression de l'affichage des résultats, l'enrichissement des pages qui retiennent l'internaute avant qu'il n'atteigne votre fiche. Et avec les réponses IA de Google, une partie de la décision se joue désormais dans une réponse qui ne cite que quelques établissements.
Après 438 millions de vues observées, notre conviction est claire : l'exposition des fiches locales entre dans une phase de contraction durable.
Cette bascule a une conséquence que peu de réseaux ont intégrée. Tant que l'exposition croissait, on progressait sans rien changer, porté par le volume. Ce temps est terminé. Désormais, l'avantage se construit sur le rendement, et le rendement se compose : le réseau qui verrouille maintenant une conversion supérieure à son secteur extraira davantage d'un gisement qui se réduit, pendant que les retardataires se disputeront une part plus petite avec une fiche moins efficace.
Dans le même mouvement, être choisi par les IA devient un enjeu à part entière. Les établissements que les IA recommandent sont ceux dont la fiche est complète, les informations exactes et les avis récents : exactement les fiches qui convertissent le mieux aujourd'hui. Pour un réseau, piloter la visibilité IA locale de chaque établissement prolonge donc naturellement le travail sur la fiche.
Une précision, par honnêteté : nous ne prétendons pas que la conversion s'améliore. Elle se maintient dans son couloir habituel, rien de plus. Le message est sobre et solide : votre exposition baisse, votre rendement tient, et c'est sur ce rendement que se jouera votre croissance locale.
Comment lire ces chiffres selon votre profil
Ces résultats n'appellent pas une décision unique. Deux questions suffisent à définir votre priorité : où se situe votre secteur sur l'échelle de conversion, et quelle est votre action dominante (l'appel, l'itinéraire ou le clic vers le site) ? Le croisement des deux dessine votre feuille de route.

Services de proximité et santé : protéger chaque vue et chaque appel
Vos fiches convertissent déjà remarquablement, jusqu'à une vue sur cinq. Votre marge de progression n'est pas dans l'optimisation de la fiche. Comme l'appel domine vos actions, votre premier chantier est la chaîne téléphonique : mesurer les appels générés, garantir qu'ils sont pris et transformés. Et comme chaque vue convertit fortement, chaque vue perdue coûte cher : la protection de votre visibilité locale face à l'érosion générale devient votre seconde priorité.
Banque et assurance : viser des fiches justes, partout
Cessez de courir après un taux de conversion que la nature de votre activité plafonne. Votre fiche est un outil de réassurance et de navigation. Votre valeur se joue sur l'échelle : la complétude et l'exactitude de vos informations sur l'ensemble de vos agences. Un réseau de plusieurs centaines de points de vente dont chaque fiche affiche le bon horaire, le bon numéro et la bonne adresse a gagné l'essentiel, et une gestion centralisée des fiches Google en est la condition.
Camping et hôtellerie : gagner la comparaison avant le pic
Vous vivez sur la carte, en concurrence directe avec vos voisins, et votre saisonnalité est extrême. Photos, note et avis sont vos armes, et elles doivent être irréprochables avant le pic, jamais pendant. Comme le clic vers le site domine vos actions, la page qui le reçoit doit mener directement à l'établissement et à ses disponibilités. Votre calendrier de travail se joue au printemps.
Automobile et mobilité : systématiser à l'échelle
Vous concentrez le plus gros volume de recherches locales et un mix d'actions équilibré entre appel, itinéraire et site. Votre avantage est l'échelle : à ce volume, un seul point de conversion gagné représente un nombre considérable d'actions supplémentaires. Votre enjeu est de systématiser les bonnes pratiques sur un réseau dense, car ce qui se multiplie par des centaines d'établissements produit des résultats hors de proportion avec l'effort unitaire.
Retail : aligner la fiche sur le calendrier commercial
Votre pic de décembre commande votre calendrier : l'optimisation doit être bouclée à l'automne. Comme le clic vers le site est votre première action, la continuité entre la fiche et la page magasin ou produit conditionne votre conversion réelle. Vous êtes le profil pour qui l'alignement entre présence locale et calendrier commercial pèse le plus lourd.
Ce qu'il faut retenir de l'étude
Trois principes résument cette étude pour toute enseigne qui pilote un parc de fiches Google.
Changez d'indicateur. Le nombre de vues mesure une exposition subie, pas une performance. Pilotez au taux de conversion, et comparez-le à la moyenne de votre secteur, jamais à celle d'un autre.
Mesurez toutes vos actions, pas seulement les clics vers votre site. Dans une majorité de secteurs, l'appel est l'action dominante, et il n'apparaît nulle part dans vos outils web. Sans ce suivi, vous ignorez votre principal levier de conversion.
Anticipez la contraction. L'exposition de vos fiches diminue déjà, et le mouvement va s'amplifier avec l'IA. Le réseau qui convertit le mieux chaque vue prendra une avance que le volume ne rattrapera plus. Pour aller plus loin, le travail engagé sur le SEO local et le GEO local devient le socle de cette performance.
Méthodologie
Cette étude s'appuie sur un panel de près de 4 200 établissements de réseaux multi-sites implantés en France, observés via la plateforme Guest Suite entre janvier 2023 et juin 2026, soit 42 mois. Elle porte sur 438 millions de vues de fiches Google Business Profile et 53,8 millions d'actions générées par ces fiches.
Les données proviennent des métriques de performance officielles de Google Business Profile, historisées par Guest Suite, ce qui permet une profondeur d'analyse sur plusieurs années.
Les données sont agrégées par secteur et par mois, sans aucune donnée nominative. Les indicateurs sont normalisés par établissement actif afin de neutraliser l'effet de croissance du panel. Les secteurs représentant un volume insuffisant sont exclus des résultats sectoriels. Les indicateurs sectoriels sont des moyennes pondérées, influencées par les établissements les plus exposés de chaque secteur. Le panel étant composé de réseaux multi-établissements, les résultats ne sont pas extrapolables au commerce indépendant isolé.
Cette étude décrit l'état du marché de la recherche locale en France à travers un panel d'établissements. Elle ne mesure pas l'effet de l'utilisation de Guest Suite : elle ne compare pas de situation avant et après équipement, et ne repose pas sur un groupe témoin.














